Emportez-moi

Emportez-moi dans une caravelle,

Dans une vieille et douce caravelle,

Dans l’étrave, ou si l’on veut, dans l’écume

Et perdez-moi, au loin, au loin.

 

Dans l’attelage d’un autre âge.

Dans le velours trompeur de la neige.

Dans l’haleine de quelques chiens réunis.

Dans la troupe exténuée des feuilles mortes.

 

Emportez-moi sans me briser, dans les baisers,

Dans les poitrines qui se soulèvent et respirent,

Sur les tapis des paumes et leur sourire,

Dans les corridors des os longs, et des articulations.

 

Emportez-moi, ou plutôt enfouissez-moi.

 

Michaud, in Mes propriétés

Voici le plan :

 Il faudra que je leur raconte.

On se doit de se raconter les belles choses nous autres,

    et les utiles, et les autres.

On ne sait jamais.

    • Il faudrait toute une double vie pour raconter la vie,

dit-elle.